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Steve Schapiro, Martin Luther King Jr. (with Flag), Selma March, 1965 © Steve Schapiro & Fahey/Klein Gallery
Steve Schapiro, Martin Luther King Jr. (with Flag), Selma March, 1965 © Steve Schapiro & Fahey/Klein Gallery

Joel-Peter Witkin, né en 1939 à Brooklyn (New York), et désormais installé à Albuquerque au Nouveau Mexique, pourrait bien être au sommet de sa carrière. Ce mois-ci, son exposition Heaven or Hell ouvre à la Bibliothèque Nationale de France et une autre présentation de ses travaux intitulée History of the White World a lieu concurremment dans une galerie à Paris.

« Tout commence avec mon premier souvenir conscient, j’avais six ans. C’est arrivé un dimanche, ma mère nous escortait mon frère et moi en bas des marches de l’immeuble dans lequel nous vivions. Nous allions à l’Eglise. Alors que nous marchions dans le hall vers l’entrée de l’immeuble, nous avons entendu un terrible crash mélangé de cris et d’appels au secours. L’accident impliquait trois voitures, toutes avec des familles à l’intérieur. D’une manière ou d’une autre, dans la confusion qui suivit, je lâchais la main de ma mère. Je pouvais voir quelque chose rouler hors d’une des voitures qui gisait sur le toit. L’objet s’arrêta juste devant moi. C’était la tête d’une petite fille. Je me baissais pour toucher son visage, pour lui parler, mais avant que j’ai réussi, quelqu’un m’emporta ailleurs. Cela aurait pu me détruire, et je serais devenu insensible. Au lieu de ça, je décidais d’accepter ce traumatisme et d’aller de l’avant ; parce que ma volonté est plus forte que la mort, plus forte que la perdition de ce genre de moments… Cet instant, ma première expérience visuelle consciente, a laissé son empreinte. », a écrit Witkin dans sa monographie, The Bone House (Twin Publishers).

En octobre, j’ai eu une conversation charmante avec Witkin alors qu’il préparait son voyage à Paris pour préparer ses deux expositions. Parler avec lui était intéressant. J’ai appris beaucoup de choses le concernant, à la fois sur ses excentricités et son génie.

Vous pouvez lire dans la version anglaise de La Lettre, l’entretien d’Elizabeth Avedon avec Joel-Peter Witkin.

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