Rechercher un article

Raffaello Ferone

Preview

Je me réveille. Tout est noir autour de moi. Je tâte. Je cherche une sortie ; je cherche de m’en sortir. Des yeux me regardent, me suivent. Ils ne lâchent pas la prise. J’ai très peur. J’ai très froid. Pourquoi ai je si froid ? Pourquoi suis je nu ? Où sont mes vêtements ? A qui sont ces yeux maudits qui continuent de me regarder? Mais c’est juste un miroir, il paraît. Attend, ce n’est pas un miroir. Je ne suis pas seul dans cette pièce. Qui es tu ? crie je très fort. Arrête. Laisse moi tranquille, s’il te plait. J’ai froid. Ne me regarde pas comme ça. Qui es tu ? Comment ? Qu’est ce que tu dis ? Arrête ! Tu ne peux pas être moi. Je suis moi.

J’ai demandé à chaque modèle d’imaginer un réveil dans l’obscurité, et de se retrouver devant…soi même. Pas devant un miroir ; devant un autre soi-même. Qui vit une vie indépendante, et qui nous observe. Je leur ai demandé quelle serait leur réaction ? Qu’est ce que vous lui diriez ? Pourriez vous soutenir son regard ? Et si essaie-t-il de vous rapprocher, de vous toucher, que feriez vous ?
Il vous scrute. Une seule possibilité : lui parler.

Ces photos représentent des traces, des fragments de dialogues lointains et intemporels, qui au fil du temps se décolorent, se perdent de plus en plus en ne laissant qu’un écho de fond qui porte avec soi l’angoisse, la peur, la détresse, la rage, la surprise.

Les photos ont été toutes réalisées en studio, sur pellicule noir et blanc et couleur, à l’aide de flash, boites à lumière et réflecteurs.

J‘ai choisi d’utiliser mon appareil moyen format, un Mamiya RZ67 Pro II. J’aime la photo de contemplation, d’observation, d’écoute. Et le gros Mamiya oblige à prendre son temps, à réfléchir, à bien regarder avant le déclenchement.

J’aime dessiner des histoire, les raconter, les developer. J’aime instaurer une relation avec les gens, les pousser à se raconter sans pour autant falsifier leur vécu qui est ce qu’il m’intéresse. Et alors, après les difficultés propre à chaque début, je me cache, et deviens invisible : pour écouter les autres, et essayer de mettre ces mots, leur mots, en images.

La série  »Fragments of Lost Dialogues » a été présentée pour la première fois à la Nuit de la Photographie Contemporaine à Paris en Octobre 2014 et a été sélectionnée pour le Festival Européen de la Photo de Nu d’Arles 2015.

Merci de vous connecter ou de créer un compte pour lire la suite et accéder aux autres photos.

Installer notre WebApp sur iPhone
Installer notre WebApp sur Android