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PHOTO DU JOUR
Eve Arnold, School for non-violence, Virginia, 1960 © Eve Arnold/Magnum Photos
Eve Arnold, School for non-violence, Virginia, 1960 © Eve Arnold/Magnum Photos

White & Black Drama, la nouvelle proposition photographique de Sophie Tramier revisite le cabinet de curiosités du XVIIIe siècle en mettant en scène de manière onirique et poétique la symbolique des formes. Ce travail artistique est une quête vers le point de convergence entre photographie et peinture. Le graphisme épuré de ses compositions renforce le côté théâtral de la vie dans un jeu subtil de mises en perspectives.

Sophie Tramier a rassemblé une sélection de ce travail dans un livre d’artiste intitulé « White Drama ».
Sophie Tramier aime sentir ce besoin de liberté nouvelle.
Elle nous parle de cette liberté de rêver sans entrave pour aller voir par-delà la digue de nos pensées.
La photo est son langage, sa seconde nature pour être vue, entendue.
A travers elle, la ligne est épurée et fluide, les ombres se font discrètes ou appuyées.
Et cette lumière, toujours naturelle, qui est là pour révéler ou cacher.
Rien n’est imposé, tout est suggéré.

Ses thèmes favoris: la beauté, la symbolique des formes, l’ambiguïté, la gourmandise, la sensualité, la sexualité…

Ce désir de photographier lui vient de l’enfance dans ce Sud natal, entre la Provence et la Corse. Cette terre à la nature si belle et généreuse où la vie se fait douce et violente aussi. De son enfance, elle en garde la fraîcheur de l’innocence bercée par la poésie des sens. Enfant déjà, elle est attirée par les photographies de famille qu’elle effeuille, une à une, pour tenter de comprendre le monde. Elle s’amusait à inventer de nouvelles histoires dans lesquelles les visages de ces personnages, des inconnus et ses proches, se mêlaient aux héros de ses contes. « L’imaginaire a toujours été pour moi source d’inspiration pour construire un nouvel objet qui devient sujet d’étude et de recherche ».Très tôt, elle s’exerce à la photographie en réalisant des portraits de ses proches et de son entourage.

Photographe professionnel depuis 25 ans, elle a toujours été guidée par son travail personnel.

Dans sa photographie, elle a ce regard incisif, pénétrant, nourri par un sens aigu de l’observation. Rien ne lui échappe : « Le détail le plus anodin me parle et peut devenir l’aiguillon d’une nouvelle histoire ».

Remarquée pour son approche très personnelle et intuitive de l’image, Sophie Tramier se distingue d’abord dans le portrait. Parmi ses premières commandes, celle d’un grand chef d’orchestre à New York, la pousse à rechercher constamment ce regard authentique et complice des sujets qu’elle photographie. De retour à Paris, après avoir vécu à NYC, elle s’oriente progressivement vers ce qui va devenir son terrain de prédilection, la nature morte et la photographie culinaire.

Pour capter le tempo secret de cette photographe à part, rien de mieux que de se laisser envelopper par ses compositions mystérieuses et irréelles.  

Parce qu’elle se plaît à vouloir bousculer, questionner, elle n’utilise aucun artifice. Seule une mise en scène savamment orchestrée au fil de l’inspiration du moment, lui suffit pour exprimer l’inexplicable comme ces « bouteilles voilées » et ces « couverts dentelles » pour dénoncer la censure et l’enfermement imposés aux femmes.Dans sa série sur l’ « homme-objet », elle s’oppose à tout académisme en renversant les codes du « portrait » : dans un jeu de rôle, l’homme (et non la femme) devient le faire-valoir pour révéler toute la sensualité émanant de la confrontation des matières : les peaux, les fibres, les textures.

« J’aime recréer des atmosphères troublantes en jouant avec les lumières du jour : les contre-jours, les lumières sourdes…».

A travers sa nouvelle exposition « White & Black Drama », elle nous entraine dans un univers tout en nuances de blanc ou de noir où se mêlent la force de la matière et le mystère de la symbolique des formes. Comme pour mieux éveiller cette part d’intimité à la dérive, elle nous pousse avec délicatesse dans les replis de notre mémoire pour en extraire des silences et des respirations, traces d’émotions passées ou de sensations encore prégnantes. Car il s’agit bien de ce ressenti là qu’elle veut nous faire toucher du doigt.

– Chantal Colomer

 

EXPOSITION
White & Black Drama de Sophie Tramier
Du 1 er Avril au 3 Mai 2015
Little Big Galerie
45 rue Lepic
75018 Paris
France

www.littlebiggalerie.com
http://www.sophietramier.com