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Pourquoi on aime Lartigue ?

Le mystère de l’irrésistible attrait qu’exercent les photographies de Jacques Henri Lartigue sur le public s’accentue encore face à celles en couleur. Est-ce la séduction « facile » de la palette colorée ?  Sa sensualité immédiate ? La musicalité des touches ? Oui tout cela bien sûr mais plus encore …Je dis souvent que Lartigue a l’immense talent de mettre tout le monde d’accord. Bien sûr, ses  propositions visuelles sont indiscutables et si la définition du bonheur varie bien d’une personne à l’autre, le prétendu photographe du bonheur fait pourtant l’unanimité…… En réalité les choses sont un peu plus compliquées qu’elles n’en ont l’air. Lartigue n’a rien du béat ou de l’imbécile heureux, il se révèle être profondément déchiré entre deux tensions contradictoires, son émerveillement devant la vie et la beauté et son désespoir de voir l’une et l’autre condamnées à disparaître, sans parler de son impuissance à les retenir.  Le désespoir, c’est ce qui fait de lui un artiste, ce qu’il appelle régulièrement sa « petite maladie ».  « J’ai toujours ce truc au fond de moi qui m’empêche d’être tranquille » écrit-il à quatre-vingt onze ans alors que le matin même il s’est levé, grelottant,  à 6h30 du matin pour aller photographier la neige sur les collines devant sa maison. A l’autre extrême de ses tourments, se trouve l’émerveillement  qui donne au poète sa couleur, son style. « Le paradis n’est pas perdu. Le moindre champ d’herbes ou de coquelicots m’enchante. Le paradis est partout mais on ne le voit pas. » confesse – t-il à Jacqueline Kelen., auteur de « Lartigue, l’œil de l’oiseleur ». Rendre visible l’invisible relève de la mission. Et  pour transmettre ce sens aigu de la beauté qui le ravage (« l’insatiable (…) printemps me dévore » ), Lartigue se laisse guider à  la fois par ses passions (n’est-il pas amoureux  du soleil ? de l’ombre ? de la pluie ? de tout ?) et par le ciel autrement dit par Dieu. Il est habité par une immensité d’amour, un Dieu informel, sans Eglise, sans dogme, sans rigidité, somme toute, un Dieu très personnel. Lui qui, de son propre aveu, aurait pu devenir moine, aime, lorsqu’il peint, avoir l’impression, dit-il encore, de faire l’amour avec la nature. Intercesseur entre Dieu et les hommes, en prise directe avec cette inépuisable fontaine de confiance, Lartigue transmet la joie. Comme Mozart dont il a la vivacité, la légèreté et l’impalpable innocence, il est l’artiste de la joie pure. Ce qui nous inonde, c’est le mouvement et la lumière en même temps, une sorte de chaleur rayonnante, une contagion qui parcourt. Toute cette simplicité face à la lumineuse beauté des choses qui nous arrive, ressemble à une respiration bienvenue dans l’atmosphère étriquée d’une époque  qui ressasse sa mauvaise humeur et se nourrit souvent du factice dont elle fait tristement une seconde nature. A l’opposé, Lartigue le Magnifique ne suit que son instinct sans avoir peur de rien, y compris d’être ridicule aux yeux des esprits chagrins. C’est un être libre. Et on se sent bien auprès des êtres libres. C’est même ainsi qu’on les repère.

Martine Ravache,
Co – commissaire avec Martine D’Astier de l’exposition « Lartigue, la vie en couleurs » et co-auteur du livre « Lartigue, la vie en couleurs » Editions du Seuil, Paris, mai 2015.

EXPOSITION
Lartigue en couleurs
Du 24 juin au 23 août 2015
La Maison Européenne de la Photographie
5/7 rue de Fourcy
75004 Paris
France
http://www.mep-fr.org

LIVRE
Lartigue en couleurs
Edition du Seuil
Martine d’Astier, Martine Ravache
168 pages
ISBN : 978-2-02-123512-8
29,90€
http://www.seuil.com

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