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PHOTO DU JOUR
Joe Shore, Marilyn Monroe (In shorts), 1952 © Joe Shore and Fahey/Klein Gallery, LA
Joe Shore, Marilyn Monroe (In shorts), 1952 © Joe Shore and Fahey/Klein Gallery, LA

Le travail de Berenice Abbott (1898-1991) a joué un rôle décisif dans l’histoire de la photographie et a offert une nouvelle façon de comprendre sa langue. Ainsi a-t-elle aidé à soulager sa comparaison avec la peinture : la photographie a alors commencé à exister de manière indépendante et en fonction de ses caractéristiques propres.

En outre, Berenice Abbott a laissé une trace dans l’histoire de la photographie : son nom est indissociable de celle du photographe français Eugène Atget (1857 – 1927), dont elle a promu le travail en Europe et aux États-Unis. Elle l’a découvert à Paris, où elle a vécu dans les années 1920 avant de retourner à New York en 1929, et Atget est resté une référence importante pour Abbott tout au long de sa vie.

C’est à cette époque qu’elle a découvert la photographie. D’abord, comme assistante pour Man Ray dans son atelier de Montparnasse; puis en tant que portraitiste. Célébrités en tous genres et de diverses nationalités sont passées par son atelier: les écrivains André Gide, Jean Cocteau et James Joyce; Sylvia Beach, propriétaire de la célèbre librairie parisienne et de langue anglaise Shakespeare & Company; Jane Heap et Margaret C. Anderson, rédacteurs en chef du magazine littéraire The Little Review; le compositeur américain George Antheil ou le peintre japonais Foujita.

Connue dans les années 1920 et des années 30 parmi les cercles avant-gardistes de Paris et New York en tant que militante en faveur de la photographie comme art, Berenice Abbott n’a jamais cessé d’examiner les aspects du réalisme et du modernisme à travers son travail, comme dans Changing New York (1935 – 1939), une tentative « d’interprétation documentaire » de la transformation architecturale que New York a subie dans les années 1930.

Compte tenu de leur texture, rigidité ou systématisme, les images d’Abbott ont trouvé leur place au sein de la dialectique complexe entre l’art et le document, dont la relation réciproque nourrit les débats tumultueux sur la photographie depuis le début des années 1920. Cette notion de documentaire s’affirmera au premier plan dans l’Amérique du milieu des années 1930. Nous trouvons dans le travail scientifique qu’Abbott a développé plus tard, dans les années 1940 et 50, la même idée de documenter l’invisible en photographiant le mouvement ondulatoire de la matière et de la lumière, et leurs nombreuses émanations.

Lorsqu’on le regarde dans son ensemble et de façon panoramique, le travail d’Abbott prend de nombreuses formes différentes. Cependant, une cohérence révèle ses divers centres d’intérêts – portraits, architecture, science – et son approche toujours dotée d’une nouvelle dimension et une plus grande profondeur.

Anne Morin
Anne Morin est la commissaire de Berenice Abbott, Photographs et commissaire d’expositions indépendante.

Berenice Abbott, Photographs
Jusqu’au 3 octobre 2016
Martin Gropius-Bau Museum
Niederkirchnerstraße 7
10963 Berlin
Allemagne
http://www.museumsportal-berlin.de/

En savoir plus

Les Livres
Berenice Abbott, Paris Portraits

Abbott a débuté sa carrière de photographe en 1925 par des portraits à Paris de quelques-uns des artistes et des écrivains du moment, dont Marie Laurencin, Jean Cocteau, Peggy Guggenheim et James Joyce, pour les plus célèbres. En un an, ses photos ont été exposées et sa...