En bref

Le musée Nicéphore Nièpce recrute son directeur

Le musée Nicéphore Niépce et la ville de Chalon-sur-Saône recherchent un directeur. Fort d&rsq...

Les vainqueurs du Prix de Photographie Magnum et LensCulture annoncés

L’agence Magnum Photos a annoncé les vainqueurs de son tout jeune prix de photographie. Il s&...

Record de vente pour Wolfgang Tillmans

Le photographe allemand Wolfgang Tillmans, âgé de 48 ans, a vu son oeuvre Freischwimmer #84 être...
PHOTO DU JOUR
Luciana Pampalone, Graflex, 2012 © Luciana Pampalone
Luciana Pampalone, Graflex, 2012 © Luciana Pampalone

Auguste Rodin, contemporain de l’invention de la photographie, a été l’un des premiers à utiliser ce médium dans son travail à la fois comme outil documentaire et comme outil de communication dans la diffusion et l’archivage de son œuvre. Il faisait régulièrement appel à des photographes professionnels pour illustrer les articles des critiques et journalistes. Par ailleurs, ses sculptures ont inspiré de nombreux photographes, des pictorialistes jusqu’aux artistes contemporains.

Le travail d’Emmanuel Berry s’inscrit dans cette longue histoire photographique autour des sculptures de Rodin en apportant un nouveau regard grâce à la singularité de sa démarche. Suivant un protocole précis : la sculpture est isolée sur fond noir, éclairée par une lumière naturelle, il s’intéresse à la fois aux études et aux exemples plus personnels et inachevés de son travail issus pour la plupart des réserves et aux sculptures iconiques tels Le Baiser, Balzac, ou Le Penseur, conservées au musée Rodin à Paris.

Le photographe révèle à travers ces maquettes et moulages, les recherches graphiques du sculpteur. Il souligne également le geste créatif, celui de la main qui pétrit les figures et la part sensible de l’œuvre. Comme le souligne Marie Guillot dans son texte, les photographies d’Emmanuel Berry mettent en avant la part d’érotisme « dans le noir satiné du pubis de l’Eve, et l’ombre dense de son dos ou de petits points de clarté floue invite le regard à se perdre » ou le passage du temps lorsque « les chairs sont éprouvées, les seins sont flasques, les épaules lasses, les fronts noués ». Elles témoignent ainsi de toute la modernité des sculptures de Rodin, « mal comprise par certains de ses contemporains, que d’avoir fait voir la beauté de l’inachevé et de l’inchoatif ».

Deux essais accompagnent cette immersion dans l’univers de création du sculpteur. Dans un premier texte historique, Hélène Pinet, responsable des collections de photographie du musée Rodin, raconte comment l’histoire de la photographie a accompagné celle de l’œuvre de Rodin. La philosophe Marie Guillot analyse quant à elle l’approche d’Emmanuel Berry à travers le prisme des liens entre sculpture et photographie.

 

Emmanuel Berry, Rodin
Publié par Xavier Barral
35 €

www.exb.fr